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Economie

Mardi 15 janvier 2008
Trouvé grâce à frogsmoke.com, un article de Business Week écrit par Philippe Pouletty, médecin français président de France Biotech et co-fondateur de Truffle Capital, une société de 'capital venture' qui investit dans des startups spécialisées dans les domaines des technologies de l'information et des biotechnologies.


Plutôt que de pousser les jeunes sociétés innovantes, le gouvernement distribue des milliards pour l'aide à la recherche des grands groupes.

Pas de doute, pour la plupart des entrepreneurs, Nicolas Sarkozy valait mieux que son opposante socialiste pour secouer la France résistante au changement. Des réformes importantes, comme laisser le choix aux contribuables aisés entre payer stupidement leurs impôts à l'Etat ou investir dans de jeunes entreprises, allaient dans la bonne direction.

Cependant, le monde de Sarkozy est encore dépourvu d'une vision claire en matière de politique économique. La plupart des pays développés qui se targuent d'une forte croissance économique y sont parvenus en stimulant l'excellence et la compétitivité des universités et en pariant sur des entreprises jeunes et innovantes qui deviennent vite de grandes sociétés. La France ne l'a toujours pas compris.

Bien qu'une nouvelle loi ait été votée pour donner plus d'autonomie aux universités, celles-ci ne pourront toujours pas sélectionner leurs étudiants, mettre en place des frais d'inscription ou embaucher des présidents en dehors du système universitaire étatique.
De plus, les membres indépendants des conseils d'universités n'auront pas de droits de vote, qui sont réservés aux employés et aux étudiants.


Les jeunes sociétés ont besoin du soutien du gouvernement

Les priorités françaises sur le financement de la recherche sont également malavisées. En dehors du budget total de la recherche académique, seulement 7% va à un fonds qui finance des projets basés sur la compétition et l'examen des pairs - le type de projet qui pourrait aider les meilleures universités à grandir rapidement.

On pourrait penser que les grands groupes français de l'énergie, de la pharmacie, de la défense et des technologies de l'information n'ont pas besoin de l'argent des contribuables pour soutenir leur recherche et leur développement. 

Les jeunes entreprises issues des universités - du genre de celles qui sont vraiment innovantes - sont celles qui ont le plus besoin du soutien du gouvernement durant leurs premières années à hauts risques. Hélas, le gouvernement français vient juste de décider de rembourser à toutes les grandes sociétés pour 30% de leurs dépenses de recherche jusqu'à 100 millions d'euros par an et 5% de leurs dépenses au-delà de 100 millions. Dans le même temps, le gouvernement diminuera son soutien à des centaines d'entreprises jeunes et innovantes.

Ce cadeau de Noël à de grandes sociétés devrait coûter au gouvernement le montant étonnant de 10 milliards d'euros pendant le quinquennat de Sarkozy. Essayez juste d'imaginer comment un tel soutien aurait pu stimuler le 'capital venture' et attirer des scientifiques et entrepreneurs s'il était allé plutôt à de jeunes entreprises innovantes ! Mais bien sûr, pour que cela arrive, il faudrait que les ministres et présidents fassent quelque chose qu'ils font rarement - se mêler aux entrepreneurs dynamiques qui essayent de lancer la prochaine société Amgen ou Google, plutôt qu'aux grands patrons du CAC40.
Par Almos
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Jeudi 17 janvier 2008
Jamais depuis longtemps, l'intervention de l'Etat sur l'économie de notre pays n'a été autant évoquée que ces derniers temps, que ce soit par le contrôle de certains prix ou par certaines formes de "patriotisme" ou de "préférence" économiques.
Il ne viendrait pas à l'esprit des idiots qui nous gouvernent d'analyser certaines erreurs du passé, ou d'autres plus récentes faites par d'autres pays.

L'article ci-dessous est paru dans le quotidien belge L'Echo le 6 février 2007 et concerne l'Ukraine et certains quotas mis en place par son gouvernement en novembre 2006 avec les meilleures intentions du monde. Tout y est dit, il n'y a rien à ajouter.


L'Ukraine jette des tonnes de céréales dans la Mer Noire

Le gâchis est total. Dans les hangars des grands ports ukrainiens, près de 300.000 tonnes de céréales pourrissent lentement. Dépités, les agriculteurs ont déjà jeté des milliers de tonnes de grains dans la Mer Noire. Les fermiers ne savent plus quoi faire de leur 1,5 million de tonnes de stocks qui commencent à germer. La situation dans ce grenier de l'Europe est catastrophique. Il ne faut pourtant pas chercher très loin pour trouver la raison de cette crise.

Le gouvernement ukrainien a décidé au mois de novembre d'instaurer des quotas destinés à réduire de 40% les exportations de céréales. Cette mesure visait à accroître les réserves du pays après une chute de 9% de la production nationale. Ce sujet est extrêmement sensible dans un pays qui n'a pas oublié les famines des années 30 qui ont tué entre 6 et 10 millions de personnes. Le protectionnisme de Kiev ne semble toutefois avoir eu aucun effet puisque le prix du pain s'est envolé lors du dernier trimestre 2006. Pour les agriculteurs ukrainiens, la crise est encore plus grave.

20% des volumes de céréales vendus normalement à l'étranger ont quitté le pays depuis l'automne dernier. Selon l'Association ukrainienne des céréales, ses membres ont perdu plus de 200 millions de dollars durant le seul mois de décembre. L'annulation de navires loués des mois à l'avance, la location d'entrepôts, le transport de tonnes de produits dans des décharges et l'immobilisation de trains remplis de grains ont plombé l'ensemble de cette industrie. Mykola Tomych, le président de l'Association des fermiers et des propriétaires privés, chiffre le manque à gagner à 600 millions de dollars. (...)

L'impact de cette crise risque de durer de nombreuses années. "
Nous avons lutté durant ces 18 dernières années pour gagner notre place sur le marché mondial et nous allons avoir le plus grand mal à retrouver cette position", s'inquiète Mykola Kompanets qui travaille pour la société de Chicago, WJ Grain. Les exportateurs russes et kazakhs ont déjà commencé à profiter de cette situation en grignotant de parts de marché à l'Ukraine qui était devenu le sixième exportateur mondial de céréales.

Le gouvernement local ne semble pas comprendre les conséquences désastreuses de sa politique. Le ministre de l'Economie, Volodymyr Makukha, a ainsi répété, le 30 janvier, qu'il ne comptait pas mettre fin aux quotas dans un avenir proche. Une position vivement critiquée à l'étranger.

Pour le Fonds monétaire international (FMI), ces barrières douanières pourraient avoir un "effet négatif" sur la candidature ukrainienne qui souhaite rejoindre l'Organisation mondiale du commerce (OMC). La Banque mondiale va encore plus loin. "
La gestion du système de quota a été jusqu'à maintenant totalement opaque, ce qui favorise la corruption, critique l'organisation basée à Washington. Les sociétés qui sont parvenues à décrocher des contrats gagnent gros en ce moment." L'attribution de ces permis de vente à l'étranger est en effet sujette à caution. De petites entreprises obtiennent ainsi des quotas énormes qu'elles peuvent ensuite revendre à prix d'or aux gros céréaliers. Une situation inexplicable pour un observateur qui ne connaît pas ce pays et sa corruption généralisée. La crise des céréales fait resurgir tous les vieux démons ukrainiens.

Frédéric Therin à Munich


Par Almos
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Jeudi 17 janvier 2008
De la newsletter de l'ambassade d'Allemagne du 15 janvier 2008 :


15 janvier 2008 - Jeudi prochain, le Bundestag examinera le premier rapport annuel du Conseil national de surveillance et de maîtrise des coûts administratifs, créé par le gouvernement fédéral en 2006 dans le but d’éviter l’apparition de nouveaux frais administratifs mais aussi de réussir à faire baisser les charges existantes.

Dans son dernier podcast vidéo, la chancelière allemande Angela Merkel juge que le travail du Conseil national de surveillance et de maîtrise des coûts administratifs constitue une « étape très importante » vers une Allemagne plus compétitive et ouvre des possibilités de création d’emploi.

« Nous nous sommes fixé pour objectif de réduire d’un quart d’ici 2011 les obligations d’information et de statistiques qui génèrent des coûts se montant à environ 27 milliards d’euros. Nous entendons parvenir à mi-chemin de cet objectif au cours de la législature actuelle » a annoncé la chancelière, qui estime par ailleurs que les petites entreprises notamment se sentent particulièrement grevées par les charges administratives.

Le gouvernement veut parvenir « à de réelles simplifications grâce à des évaluations précises des charges bureaucratiques. Les petites entreprises en particulier doivent pouvoir se concentrer sur ce qui compte aujourd’hui pour leur compétitivité, c’est-à-dire la mise au point de produits innovants. »

Pour ce faire, le Conseil national de surveillance et de maîtrise des coûts administratifs examine tous les projets de loi du gouvernement. Il a déjà émis un avis concernant 190 procédures législatives et « grâce à ses conseils, nous avons pu éviter 790 millions d’euros de coûts administratifs supplémentaires », a expliqué Madame Merkel. Les auteurs de textes de lois devraient ainsi être amenés à « prendre en compte en amont le fait que les obligations d’information et de statistiques peuvent être simplifiées, exprimées différemment ou même être complètement évitées », a ajouté la chancelière. « Au printemps, nous nous réunirons avec tous les ministères pour faire le point sur les progrès réalisés et déterminer les tâches qui restent à accomplir. », a-t-elle précisé.

Par Almos
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Vendredi 18 janvier 2008
A voir en urgence (car le lien ne sera peut-être plus actif très longtemps), l'éditorial de Claude Reichman du 9 janvier 2008 sur le site reichmantv.com.

Il est bien le seul à dénoncer les nombreuses aberrations du "président" Sarkozy lors de sa conférence de presse du 8 janvier, et du fabuleux système français que personne au monde ne chercherait à nous copier... Impossible en effet, comme le conclut Mr Reichman, de s'y résigner !

La vidéo dure une dizaine de minutes.


Par Almos
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Dimanche 20 janvier 2008
Article de Libres.org du 15 janvier 2008 :


Les derniers chiffres publiés sont implacables : la dette publique en France a encore augmenté au troisième trimestre 2007 et le recul promis pour l’ensemble de l’année n’aura pas lieu. La réduction de la dette est pourtant prioritaire et elle est passée au second plan dans la politique SARKOZY : en dépit des protestations européennes, on verra plus tard. Est-ce grave ? Cela pèse sur les dépenses publiques (poids des intérêts), cela réduit l’épargne disponible, donc l’investissement productif, et cela transfère aux générations suivantes une charge intolérable, parce que la génération au pouvoir aura refusé de faire les réformes qui s’imposaient.
 

20 000 euros par Français !
 
Les chiffres concernant la dette publique en France sont publiés avec un certain décalage. On vient à peine de publier les résultats du troisième trimestre 2007. Elle atteint un montant inégalé, à 1 218,3 milliards d’euros. La hausse est de 1,9 milliards en un trimestre. Il s’agit de la dette de l’Etat, mais aussi de celle des organismes de sécurité sociale, des organismes divers d’administrations centrales (ODAC) et des administrations publiques locales.

Est-ce beaucoup ? Tout d‘abord, cela représente 65,9% du PIB français, ce qui est considérable et sensiblement supérieur au maximum autorisé par les traités européens (Maastricht et Pacte de stabilité économique en Europe), qui est de 60%. Quand on voit comment
la France est stricte vis-à-vis de l’entrée des nouveaux pays européens dans l’euro, s’ils ne respectent pas ces critères, on peut s’étonner qu’elle ne commence pas par balayer devant sa porte.

Ensuite, si l’on divise par le nombre d’habitants de notre pays, cela représente 20 000 euros par Français. Soit 80 000 euros sur la tête d’une famille moyenne ayant deux enfants. C’est aussi le « cadeau » que nous faisons à chaque bébé qui naît. Comme l’Etat emprunte de plus en plus à long terme (il y a même des emprunts à 50 ans), un jeune qui a vingt ans aujourd’hui devra supporter la charge de remboursement pendant toute sa vie active, jusqu’à l’âge de 70 ans !

 
Le seul paiement des intérêts est le deuxième poste du budget
 
Or, comme l’avait fait remarquer le rapport PEBEREAU, ce n’est que la partie visible de l’iceberg : l’essentiel de la dette sociale, celle des retraites des fonctionnaires, qui ne sont pas provisionnées, répartition oblige, et qui sont donc payées chaque année par les contribuables, s’élève à une somme presque équivalente, ce qui porte la dette publique au-delà de 2 000 milliards, sans doute plus près de 2 500 milliards. Et c’est bien une dette potentielle, car il faudra bien que l’Etat, donc le contribuable, paye la retraite des fonctionnaires actuels.

Le poids de cette dette publique est devenu intolérable. Il faut d’abord payer les intérêts de la dette, année après année. Or ce poste budgétaire est considérable, pratiquement équivalent au produit de tout l’impôt sur le revenu. Il s’agit du deuxième poste du budget de l’Etat, juste après l’éducation, et devant la défense : cette charge d’intérêt pèse lourdement sur les dépenses publiques et accentue la dérive du budget.

Ensuite, l’endettement nouveau année après année pour financer les déficits, pèse sur l’épargne et en absorbe une grande partie. L’agence France Trésor a déjà annoncé qu’elle prévoyait d’émettre, en net, 116,5 milliards d’euros d’emprunts d’Etat en 2008 : voilà autant de moins de disponible pour financer les investissements productifs privés, ce qui provoque un « effet d’éviction » : les dépenses publiques ainsi financées viennent évincer des dépenses privées qui ne pourront avoir lieu faute de financement (ou à des coûts trop élevés). Toutes les études, à commencer par celle de l’IREF (Institut de Recherches Economiques et Fiscales) en 2006, montrent que l’endettement public pèse sur la croissance.
Comme le souligne avec pertinence l’étude de l’IREF l’origine de la dette est la masse de plus en plus considérable de dépenses de fonctionnement de l’Etat, tandis que les dépenses d’équipement sont au contraire en baisse. Dans les dépenses de fonctionnement ce sont les traitements des fonctionnaires qui pèsent le plus lourd. Le transfert sur les générations suivantes en est donc d’autant plus scandaleux : nous faisons payer les dépenses d’aujourd’hui par les générations suivantes : bel exemple de solidarité intergénérationnelle, au moment où on nous rebat les oreilles à propos de la planète que nous allons transmettre à nos enfants.
 

VOLTAIRE aussi bien que LAFFER
 
Que faut-il faire ? Il ne faut pas attendre et remettre à 2012 un commencement de solution, comme le fait le gouvernement. Il faut revenir à l’équilibre des budgets publics, comme dans de nombreux pays européens (de la Suède à l’Espagne). Rappelons que le dernier budget de l’Etat excédentaire en France date de 1974. Il faut pour cela réduire drastiquement les dépenses publiques, donc privatiser les services publics, et ne plus remplacer les fonctionnaires partant en retraite, privatiser la protection sociale, dont les déficits sont explosifs, et privatiser les entreprises publiques, ce qui permettra de financer la réduction de la dette publique.

Il faut dans le même temps réduire les impôts, car c’est la principale façon de créer des richesses nouvelles. Et des taux d’imposition moindre, c’est à terme plus de matière imposable donc plus de recettes fiscales, donc moins d’emprunts. C’est le principe de la courbe de LAFFER. Invention américaine ? Non, théorie française, enseignée au 19° siècle dans les facultés de droit (« les hauts taux tuent les totaux ») et connue au moins dès le 18° siècle. VOLTAIRE lui-même, qui n’était pourtant pas un expert en économie, le reconnaissait déjà : « Il me paraît que votre secret est surtout de diminuer les impôts pour augmenter la recette. Vous confirmez cette vérité, qu’on pourrait prendre pour un paradoxe, en rapportant l’exemple de ce qui vient de faire un homme plus instruit peut-être que SULLY, et qui a d’aussi grandes vues que COLBERT, avec plus de philosophie véritable dans l’esprit que l’un et l’autre. Pendant l’année 1774, il y avait un impôt considérable établi sur la marée fraîche ; il n’en vint, le carême, que 153 chariots. Le ministre dont je vous parle (TURGOT) diminua l’impôt de moitié ; et cette année 1775, il en est venu 596 chariots ; donc le roi, sur ce petit objet, a gagné plus du double ; donc le vrai moyen d’enrichir le roi et l’Etat est de diminuer tous les impôts sur la consommation ; et le vrai moyen de tout perdre est de les augmenter ». Si VOLTAIRE le dit, peut-être nos « Lumières » modernes pourraient-elles le croire plus facilement qu’un LAFFER ?

Par Almos
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Dimanche 27 janvier 2008
On peut se réjouir de certaines des propositions de la commission Attali et y regretter certains "oublis" non négligeables... 

Newsletter de
Liberté Chérie du 24 janvier 2008 :

 

Le rapport de la commission Attali remis au président de la République présente un catalogue de 316 mesures qui se veulent toutes cohérentes entre elles avec pour objectif revendiqué jusque dans la dénomination même de la commission : « libérer la croissance ». Ou encore, donner à la France le point de croissance en plus qui lui fait défaut, ramener le taux de chômage de 8% à 5%, diviser le chômage des jeunes par trois, ramener le nombre de personnes en-dessous du seuil de pauvreté de 7 à 3 millions, réduire d’un an l’écart d’espérance de vie entre les plus riches et les plus démunis. Voici le tableau de la France de 2012 peint par le précieux rapport si toutes les mesures sont dûment appliquées.

Si l’on regarde maintenant les choses un peu plus dans le détail et que l’on juge les moyens proposés pour atteindre les fins affichées, une distorsion flagrante apparaît.

Outre les mesures pas toutes inintéressantes annoncées sur la formation, l’innovation ou l’essor des nouvelles technologies, on cherche les mesures économiques essentielles.

Or face au tryptique dramatique, croissance faible, chômage élevé, dette publique et déficits abyssaux, la France aurait besoin d’une hypercroissance. Et pour obtenir cette hypercroissance, nous pouvons parier sans grand risque que les quelques mesures positives proposées ne sauront suffire.

L’hypercroissance nécessaire ne sera possible qu’en libérant – réellement cette fois-ci – et en débridant les moteurs économiques de notre pays, en appuyant sur ce qui pousse les individus à produire, travailler, épargner et investir davantage.

Prenons deux exemples clés : les PME et la fiscalité.


Booster les PME pour booster la croissance

A elles seules, les PME de moins de 500 salariés représentent 53% de la valeur ajoutée en France, 65% des emplois dans les entreprises françaises.

Elles sont un formidable moteur d’emplois nouveaux, avec une création nette de 1,8 millions d’emplois entre 1985 et 2000, contre une destruction nette de 263 000 emplois pour les grands groupes sur la même période.

Malheureusement, la France ne peut se prévaloir que d’un tissu industriel de 4 000 entreprises de 250 à 1 000 salariés contre plus du double en Grande-Bretagne et près du triple en Allemagne. Avec un tissu d’entreprises moyennes plus dense, la France aurait de biens meilleurs résultats en termes de croissance, d’emplois, de compétitivité et d’attractivité.

Les causes sont doubles : le faible nombre de Business Angels pour la création d’entreprises et les difficultés de financement qu’ont les petites et moyennes entreprises, notamment les entreprise de croissance (les « gazelles »), pour financer leur développement.

Le rapport Attali propose pour les TPE et les PME quelques mesures de bon sens comme la réduction des délais de paiement et l’institution d’un statut fiscal simplifié. Or rien sur les Business Angels, ni sur le financement de la croissance des PME. Il est proposé de développer le marché Alternext, mais celui-ci reste un marché dédié à des valeurs d’une certaine taille avec des contraintes réglementaires lourdes liées à l’appel public à l’épargne. Il aurait été plus judicieux de proposer des mesures fortes pour aider au renforcement des fonds propres des PME ou des quasi-fonds propres par exemple à l'aide d’une titrisation adaptée aux PME. L’industrie financière a su innover et développer suffisamment d'outils financiers depuis 20 ans pour que l’Etat n'ait pas à inventer quelques gadgets coûteux, comme l'Agence de service aux petites entreprises proposée dans le rapport de la commission Attali.


Les vraies réformes fiscales absentes

L’autre point encore plus inquiétant est qu’il n’est fait aucune mention dans le rapport d’une quelconque réforme fiscale de grande ampleur qui serait pourtant le principal verrou à faire sauter pour libérer notre croissance économique. L’ISF est le grand absent de ce rapport, malgré tous les effets négatifs que l’on observe dans la fuite de l’épargne. L’Impôt sur le Revenu n’est pas non plus abordé. Or comment être incité à travailler davantage si l’on est prélevé à la marge plus que l’effort supplémentaire auquel on a consenti ?

De vraies mesures simples à préconiser auraient pu être par exemple la suppression de l’ISF, et l'adoption d'une « flat tax » (taux unique d'imposition sur le revenu) dont les effets ont souvent été spectaculaires dans les pays où celle-ci a été appliquée.


Le rapport Attali est surtout révélateur de l’état d’esprit d’une société qui se transforme lentement et qui peine encore à comprendre les évolutions du monde, en restant attaché au consensus économique social-démocrate qui prévaut depuis plus de trente ans. Il montre des élites qui évoluent tout doucement et prennent conscience peu à peu des réformes nécessaires pour notre pays.

Alors que nombre de nos experts et hommes politiques continueront à conjecturer sur la faisabilité de telle ou telle mesure en faveur de la concurrence ou de la liberté économique, d’autres pays, qui ont dépassé depuis longtemps ces questionnements existentiels, auront pris une longueur d’avance.


Christophe Arvis
Consultant marchés financiers
Ancien secrétaire général de l’
Institut Turgot
Par Almos
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Mardi 29 janvier 2008
Extrait d'un communiqué de presse de PricewaterhouseCoopers Luxembourg du 25 janvier 2008, suite à la publication de leur 11ème "Global CEO Survey" (étude auprès de 1.150 "chief executive officers" (dirigeants d'entreprises) du monde entier).


Les CEO des économies émergentes sont plus confiants que ceux des pays développés. La disponibilité des compétences et la sur-réglementation font aussi partie des principales inquiétudes.

Selon la onzième étude mondiale annuelle réalisée par PricewaterhouseCoopers, la confiance des CEO a chuté pour la première fois depuis 2003 et c’est la crainte d’une récession mondiale qui apparaît aujourd’hui comme la principale menace à la croissance. Ces résultats sont tirés de l’étude « Global CEO Survey », présentée au Forum économique mondial de Davos, à laquelle ont participé plus de 1150 CEO dans 50 pays. Par rapport à l'année dernière, la possibilité d'un ralentissement économique est le facteur de risque qui inquiète de plus en plus les CEO. La sur-réglementation et la disponibilité des compétences figurent également au sommet de l’agenda des CEO. Toutes les autres entraves à la croissance, telles l’approvisionnement en énergie, le changement climatique mondial et le terrorisme, sont considérées comme des menaces de second plan.

Jeannot Krecké, Ministre luxembourgeois de l’Economie et du Commerce extérieur, a été invité à s’exprimer, parmi d’autres personnalités internationales, sur les collaborations qui existent entre le monde politique et celui des affaires. Selon lui, l'une des fonctions clé d'un gouvernement est de mettre en place des conditions propices à la prospérité et de créer un cadre favorable au développement de l'économie tout en maintenant un niveau social élevé. Il a par ailleurs souligné la nécessité d’une étroite collaboration avec les acteurs du secteur privé, qui connaissent mieux que quiconque les domaines à développer.

L’étude mondiale révèle également que le pourcentage de CEO se disant « très confiants » quant à la croissance des revenus sur les douze mois à venir a chuté de deux points par rapport à l'année dernière, pour atteindre 50%. Cependant, les CEO restent presque deux fois plus confiants qu'en 2003. C'est en Amérique du Nord que la baisse de confiance générale dans les affaires est la plus prononcée. Dans cette région, seulement 35% des CEO ont une « très grande confiance » dans la croissance, comparé à 53% l'année passée, soit une baisse de plus d'un tiers. La confiance parmi les CEO d'Europe occidentale a aussi chuté de huit points pour atteindre 44%. À l'inverse, on observe une augmentation de la confiance chez les CEO des économies émergentes d'Asie-Pacifique, d'Amérique latine et d'Europe centrale et de l'Est, atteignant près de 55% dans chacune de ces régions. Cette confiance croissante se fait particulièrement sentir en Chine et en Inde où, respectivement 73% et 90% des CEO affichent une « très grande confiance » dans les perspectives de croissance sur 12 mois.
(...)


A noter que si la confiance des chefs d'entreprises d'Europe occidentale "a chuté de 8 points pour atteindre 44%", les disparités sont fortes d'un pays à l'autre : 43% pour le Royaume-Uni, 56% pour l'Espagne, 57% pour l'Allemagne, 53% pour les Pays-Bas, et 28%... pour la France... Seule l'Italie fait plus mal avec 19%.

La rupture sarkozyenne n'a donc eu lieu ni pour les entreprises, ni pour les ménages...

Par Almos
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Mercredi 30 janvier 2008
L'étude de PwC Luxembourg dont il a été question hier sur ce blog indique que le taux de confiance dans l'avenir des dirigeants d'entreprises français est de 28%, contre 57% pour les Allemands. Les informations de l'ambassade d'Allemagne à Paris nous confirment la bonne santé de l'économie allemande :


La croissance dope les investissements

29 janvier 2008 - Les investissements des entreprises allemandes viennent de connaître leur plus forte progression depuis 2002, selon une étude de l'institut ZEW. Dynamisés par la croissance, ils ont grimpé de 6% en 2006 et de 5,5% en 2007. Soit en valeur des hausses de 115,5 milliards d'euros en 2006 et de 122 milliards en 2007.

L'augmentation du budget consacré à l'innovation a été observée dans tous les secteurs de l'économie : +5% dans l'industrie en 2006, +5% pour les services à haute densité cognitive et +11% pour les autres services. Elle est allée de pair avec la croissance des chiffres d'affaires des entreprises. Pour 2008, ZEW prévoit une augmentation des dépenses d'investissement de 124 milliards d'euros (+2%).

En 2006, ce sont surtout les grandes entreprises (plus de 500 salariés) qui ont accru leurs dépenses d'investissement. Elles ont réagi à la croissance de la demande de produits de haut niveau et au renforcement de la concurrence. Pour autant, cela ne s'est pas traduit immédiatement par un raz-de-marée de produits et de services nouveaux. Ces derniers n'ont représenté en 2006 que 19% du chiffre d'affaires total des entreprises allemandes, soit seulement un point de plus qu'en 2005. 46% des entreprises ont mis sur le marché de nouveaux produits et services en 2006, un chiffre stable.


Les turbulences boursières n'inquiètent pas le gouvernement allemand (extrait) 

29 janvier 2008 - Les turbulences sur les places financières mondiales n'inquiètent pas outre mesure le gouvernement allemand qui continue de tabler sur une croissance stable de 1,7% et sur une nouvelle baisse du chômage en 2008. "Je comprends bien l'inquiétude ressentie par beaucoup de gens, mais je dis qu'il n'y a aucun motif d'être pessimiste", affirme la chancelière Angela Merkel dans un message podcast diffusé samedi. "Nous devons constater que l'environnement économique s'est obscurci […], mais nous pouvons dire que toutes les conditions sont réunies en Allemagne pour une croissance stable, y compris cette année". Berlin a fixé la semaine dernière ses prévisions de croissance à 1,7% pour 2008.

Angela Merkel justifie cette attente par "des signaux globalement porteurs d'espoirs". Pour l'emploi, tout d'abord : les instituts d'analyse de la conjoncture évoquent encore 200.000 créations d'emplois en 2008. "Beaucoup d'entreprises ont des carnets de commandes pleins, les marchés vont continuer de se développer à l'exportation et la croissance de l'économie domestique va porter une partie de la croissance", justifie Angela Merkel. En outre, 2008 devrait être une année d'augmentation des salaires réels. (...)

Par Almos
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Jeudi 7 février 2008

Tout a été dit sur le plan de suppression de 600 emplois à l'usine ArcelorMittal de Gandrange et sur le super voyage de noces qu'y a fait Nicolas Sarkozy lundi...

C'est pourquoi nous allons essayer de mettre cette affaire en parallèle avec une autre affaire ArcelorMittal qui défraie la chronique chez nos amis belges...

En avril 2005, Arcelor (tout court à cette époque) décidait la fermeture du haut-fourneau no. 6 à Liège. Il y a quelque temps, ArcelorMittal a fait savoir sa volonté de réouvrir ce haut-fourneau début 2008... en demandant l'aide de la collectivité.

Certains dirigeants belges ont rétorqué que le groupe, grâce justement à la fermeture de ce haut-fourneau, avait pu vendre en 2006 4 millions de tonnes de CO2 pour environ 100 millions d'euros, et que cela était une forme d'aide non négligable...

Seulement voilà, le chômage en Wallonie est particulièrement élevé, et la réouverture de ce site permettrait la création de 2.700 emplois directs et 5.000 emplois induits. Sur les 4 millions de tonnes de CO2 dont aura besoin ArcelorMittal chaque année entre 2008 et 2012 comme "droit à polluer" sur ce site, le groupe prendra donc en charge 1,4 tonnes et la Région wallone 2,6 tonnes. 

Revenons maintenant à Gandrange... Quand Mittal lance son OPA sur Arcelor au printemps 2006, une fois la première réaction épidermique passée, les regards se tournent vers l'usine de Gandrange qui appartient déjà au groupe Mittal. Et globalement, les commentaires sont plutôt positifs, l'usine ayant même pas mal embauché.

Moins de deux ans plus tard, on apprend que certains investissements nécessaires n'auraient pas été entrepris, ce qui a conduit à ce plan social... et à l'annonce par Nicolas Sarkozy lundi que l'Etat était prêt à investir sur le site... Et comme chacun sait bien que la Commission européenne risque d'y mettre son véto, l'Etat pourrait "utiliser un autre bras de levier, EDF, via le contrat de fourniture d'électricité." (RL, 5 février 2008) Tiens donc ! Petite question annexe : la prise en charge des "droits à polluer" par les Etats ou les collectivités locales va-t-elle devenir la nouvelle forme de subvention à la mode ?

Lakshmi Mittal n'est certainement pas un imbécile. Et il sait très bien que les pays européens de tradition sociale-démocrate touchés par un fort chômage endémique sont prêts à tout, y compris à une aide publique massive, pour favoriser le maintien ou la création de plusieurs centaines d'emplois. Et la lutte contre le réchauffement climatique dans laquelle se sont engagés ces pays n'est sans doute pas pour lui déplaire ! Et s'il avait volontairement "chouchouté" le site de Gandrange avant 2006 pour qu'il soit montré en exemple lors de l'OPA, et s'il avait volontairement délaissé ce même site pour être aidé dans ses investissements ou pour qu'il lui soit racheté à bon prix ?

Et si Nicolas Sarkozy avait ainsi ouvert en France la boîte de Pandore qui va permettre à des tas d'industriels sans scrupules de réclamer de l'aide à l'Etat ou aux collectivités locales sous le prétexte de sauver des emplois ? (Prochain rendez-vous avec l'usine Kleber de Toul, chez sa copine Nadine Morano, où la suppression de 800 emplois est prévue.) A noter que ce seront toujours les grands groupes qui seront ainsi aidés, les PME, elles, n'auront guère de moyens de pression.


Solution à très court terme et qui créera plus de problèmes qu'elle n'en résoudra. Rappelons que la cause principale du chômage est le coût incroyablement élevé que fait peser l'Etat impotent sur les ménages et les entreprises. Et plus il dépensera pour sauver quelques emplois, plus il participera à en détruire d'autres par ailleurs, et en plus grande quantité encore. Et plus il se fera prendre en otage de cette façon.

Nicolas Sarkozy a dit lundi aux salariés de Gandrange ce qu'ils avaient envie d'entendre... Il ne leur a pas dit qu'en faisant ainsi, il alourdissait et occultait un peu plus l'avenir de leurs enfants. Il y a pourtant d'autres moyens autrement plus efficaces pour sauver l'emploi, tous les emplois, et même en créer, à Gandrange et ailleurs. Nicolas Sarkozy les connaît, mais il a semble-t-il oublié ce pour quoi il a été élu...

Par Almos
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Mardi 12 février 2008
Il faut absolument lire cet article du Figaro qui vaut son pesant de cacahuètes, avec quelques passages à s'arracher les cheveux :

Face au niveau atteint par les prélèvements obligatoires en France, 44% du produit intérieur brut, «il n'apparaît plus possible de créer de nouvelles impositions dans l'unique objectif de d'augmenter les ressources de l'Etat. Il semble désormais nécessaire, afin de les rendre acceptables par le citoyen, de leur assigner un objectif populaire et consensuel», souligne la commission [des finances de l'Assemblée nationale]. Ces taxes prennent alors bien souvent une forme écologique. (...)

Quant aux taxes sans rapport avec l'écologie, «elles n'en présentent pas moins un profil vendeur», explique la commission des Finances.  (...)

Le contribuable peut cependant être rassuré, il a déjà évité une taxe sur les mobil homes ainsi qu'un impôt sur la bière, en raison de son incompatibilité avec le droit européen.


Ainsi donc, aucun de nos députés adorés (qui ont quand même l'outrecuidance de prétendre nous représenter !) ne songe à réduire ou à revoir le nombre incroyable de taxes qui grèvent le pouvoir d'achat de tous les ménages français. Leur seul souci, c'est de "rendre les taxes plus consensuelles" !

Une bonne partie de ces gentes dames et jolis messieurs étant candidats aux prochaines élections municipales, ils vont se prendre une superbe rouste et ils ne comprendront même pas pourquoi !!!

Par Almos
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