Il n'y avait pas eu autant de mouvement en 25 ans", confirme Michael Schuster, directeur des programmes en sciences humaines et sociales de la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG), cité par le
"Handelsblatt". L'Etat fédéral et les Länder ont, en effet, décidé de consacrer 1,9 milliard d'euros jusqu'en 2011 à neuf "universités d'élites", 37 pôles d'excellence et 39 écoles doctorales,
triés sur le volet par l'intermédiaire d'un concours. De quoi doper la recherche et l'enseignement, améliorer les cursus ou les possibilités de recrutement pour les établissements désormais
estampillés "universités d'élite". Mais ces derniers ne sont pas les seuls à profiter de l'initiative pour l'excellence. Le principe du concours entre établissements pour recevoir la dotation a
provoqué une émulation au bénéfice de tous. Très nombreux à concourir, les établissements en ont profité pour repenser leur cursus et affiner leur stratégie.
Mais surtout, l'initiative pour l'excellence marquerait "la fin du mensonge de l'égalité", explique le "Handelsblatt". Elle "marque une évolution fondamentale des consciences : la promotion de
l'"élite", qui fut longtemps si durement méprisée dans les milieux érudits est redevenue une idée directrice de la politique de recherche" allemande. Les différences entre établissements ont
toujours existé, mais elles apparaissent désormais au grand jour, sont acceptées et approuvées comme telles. C'est un mouvement de retour par rapport à la phobie de l'élitisme hérité du mouvement
de 1968, explique Jürgen Mittelstraß, théoricien des sciences et professeur émérite à l'université de Constance. Les étudiants consultent aujourd'hui les classements établis par les grands
magazines d'information ("Der Spiegel", "Die Zeit" ou "Focus") pour choisir leur établissement."Ils sont en avance sur leurs professeurs".
Enfin, les effets psychologiques de l'initiative pour l'excellence ne sont pas négligeables non plus à l'étranger, ajoute le "Handelsblatt". "Ne serait-ce que le fait que l'Allemagne lance un
aussi vaste projet de promotion de la science a attiré l'attention", affirme Barbara Wankerl, coordinatrice des relations publiques dans un pôle d'excellence. Les universités allemandes ont
intégré la nécessité d'attirer les meilleurs cerveaux pour avoir une place dans la compétition scientifique internationale.
Plus d'informations (en français) :
L'université allemande en mutation :
http://www.paris.diplo.de/Vertretung/paris/fr/04/syst_C3_A8me_20_C3_A9ducatif/enseignement_20superieur/seite__enseignement_20superieur_20_28gt_20du_2028.08.2007_29.html
Six nouvelles universités allemandes rejoignent l'"élite" :
http://www.paris.diplo.de/Vertretung/paris/fr/Newsletter__fr/2007__10/seiten__22__10/universites_20allemandes__seite.html