Présentation

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Née en 2006, Alternative Libérale incarne une nouvelle génération politique lasse des querelles de clans et des idéologies passéistes.

Ni socialistes, ni conservateurs, nous voulons une société de liberté, une démocratie véritable, une justice au service des citoyens et une prospérité partagée. 

Nous croyons que la liberté des individus ne s'oppose pas à la justice sociale, mais qu'elle en est au contraire le socle. 

Notre projet : une France qui fait confiance à ses citoyens, croit en son avenir et porte haut dans le monde les idées de liberté qui sont au coeur de son héritage. 

Notre ambition : créer un grand mouvement libéral qui change enfin la donne dans notre pays sclérosé d'hypocrisies. 

Ce blog est tenu par des adhérents et sympathisants d'Alternative Libérale. L'intégralité des propos qui s'y trouvent engage uniquement leurs auteurs.
Jeudi 17 avril 2008
Clin d'oeil (très sérieux) à Jean-François : un article de Guy Vallancien dans le Figaro du 16 avril :

Hôpital : le massacre et la gabegie


Le professeur Vallancien a développé ses arguments dans un livre :

"La santé n'est pas un droit ; manifeste pour une autre médecine", Bourin éditeur



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Jeudi 17 avril 2008
Extrait de la Newsletter de l'Ambassade d'Allemagne du 14 avril 2008 :


Ancien pays minier, la Sarre est en passe de réussir sa reconversion industrielle. Alors que la dernière mine doit définitivement fermer ses portes en 2012, l'économie sarroise mise résolument sur la modernité technologique, en particulier sur les nanotechnologies. Selon le quotidien économique "Handelsblatt" (édition du 14 avril 2008), ces technologies de l'infiniment petit sont en plein essor dans le Land frontalier. La Sarre serait même en train de devenir une nouvelle "Nano-Valley".


A mi-chemin entre la chimie, la biologie et l'électrotechnique, les nanotechnologies et les biotechnologies font l'objet d'un soutien actif de la part du gouvernement sarrois. D'une manière générale, les dépenses publiques consacrées à la recherche et développement dans les nouvelles technologies ont grimpé en Sarre de 30% entre 1999 et 2004, contre seulement 13% dans d'autres Länder, affirme le "Handelsblatt". Le gouvernement s'efforce de pallier une spécificité régionale : contrairement à des régions comme la Bavière ou le Bade-Wurtemberg, la Sarre manque de très grandes entreprises capables de financer les investissements technologiques nécessaires, explique le journal.


Ce soutien n'en produit pas moins ses effets. En cinq ans, le nombre de personnes qui travaillent dans le secteur des biotechnologies et des nanotechnologies a doublé en Sarre. Cela représente aujourd'hui quelque 1.200 salariés. En outre, le réseau "Nanobionet", association à but non lucratif qui chapeaute la branche des nanotechnologies et des biotechnologies en Sarre, est l'un des plus importants d'Allemagne, avec 103 membres. D'ores et déjà, il se sent à l'étroit en Sarre, et cherche des membres au-delà des frontières du Land, a confié au "Handelsblatt" son gérant Martin Monzel.


Plusieurs entreprises témoignent également de cette montée en puissance, rapporte encore le journal. Ainsi, l'entreprise sarroise Nanogate est-elle entrée en bourse en 2006. Elle a réalisé un chiffre d'affaires de 7,8 millions d'euros. Grâce à l'innovation, elle produit des diodes dont l'intensité lumineuse est jusqu'à dix fois supérieure à celle de diodes classiques. Les nouveaux matériaux offrent en effet de nouvelles perspectives de croissance. La firme "Nano-X", travaille ainsi en étroite collaboration avec l'Institut Leibniz pour les nouveaux matériaux (INM) de Sarrebrück. Ce centre de recherche, à la pointe de la recherche sur les nanotechnologies chimiques, emploie pas moins de 180 personnes.



Plus d'informations (en allemand) :

Land de Sarre :
(en français) : www.saarland.de/SID-3E724395-6F7D6EDB/francais.htm


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Mercredi 16 avril 2008
Le site UnMondeLibre.org met en ligne certains textes de Frédéric Bastiat en format PDF "paginés à l’original, de telle sorte qu’il est possible de citer le texte avec la pagination exacte, ce qui n’est pas le cas des versions HTML disponibles sur le net".

Frédéric Bastiat : une pensée lumineuse




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Mercredi 16 avril 2008
Extrait de la Newsletter de l'Ambassade d'Allemagne de ce jour :


A deux ans de l'ouverture totale à la concurrence du transport international des voyageurs, la compagnie allemande des chemins de fer Deusche Bahn (DB) vient de faire un pas supplémentaire vers l'ouverture de son capital à des investisseurs privés. Après plusieurs mois de débats au sein de la coalition, le groupe de travail du parti social-démocrate (SPD) en charge du dossier a présenté lundi une proposition de compromis qui a été bien accueillie par son partenaire gouvernemental de la CDU (Parti chrétien-démocrate). Elle prévoit une ouverture partielle du capital à des investisseurs privés, à hauteur de 24,9% au maximum.

Selon le ministre fédéral des Transports, Wolfgang Tiefensee, la privatisation partielle de l'entreprise pourrait désormais débuter à l'automne si les derniers obstacles au projet sont levés au cours des prochaines semaines. La grande coalition a "ouvert la porte qui garantira l'avenir de la Deutsche Bahn", s'est-il félicité.

En injectant de l'argent frais dans l'entreprise, Berlin entend adapter les chemins de fer allemands aux exigences de la modernité. Dans la droite ligne de la grande réforme des chemins de fer engagée depuis 1994, il s'agit de promouvoir un service à la fois ponctuel, bon marché, attractif et respectueux du client. Selon M. Tiefensee, l'ouverture du capital de la Deutsche Bahn profitera à tous : aux voyageurs privés comme aux clients du service fret.

De fait, l'Etat entend consacrer une partie de l'argent dégagé par l'ouverture du capital à la modernisation des gares, à leur isolation phonique et à l'amélioration du service de transport des voyageurs. Selon M. Tiefensee, une autre partie de la recette (de "plusieurs milliards d'euros" au total) serait affectée à l'accroissement des capitaux propres de la Deutsche Bahn. Une troisième, enfin, servirait à la réduction de la dette publique. L'Etat promet, par ailleurs, de consacrer jusqu'à 2,5 milliards d'euros par an à l'entretien du réseau.


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Samedi 12 avril 2008
Extrait de la Newsletter de l'Ambassade d'Allemagne du 10 avril 2008 :


Quatre ans après son lancement, le programme de promotion de l'excellence dans l'enseignement supérieur allemand semble modifier en profondeur le paysage universitaire outre-Rhin. Selon le quotidien économique "Handelsblatt" (édition du 8 avril 2008), il aurait "instillé encore plus de mouvement dans les structures encroûtées du paysage universitaire que ne l'avaient jugé possible ses plus optimistes" défenseurs. Ce n'est pas seulement une question d'argent, explique le journal. Le fait marquant serait l'évolution des mentalités vers davantage d'émulation voire d'élitisme.


Il n'y avait pas eu autant de mouvement en 25 ans", confirme Michael Schuster, directeur des programmes en sciences humaines et sociales de la Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG), cité par le "Handelsblatt". L'Etat fédéral et les Länder ont, en effet, décidé de consacrer 1,9 milliard d'euros jusqu'en 2011 à neuf "universités d'élites", 37 pôles d'excellence et 39 écoles doctorales, triés sur le volet par l'intermédiaire d'un concours. De quoi doper la recherche et l'enseignement, améliorer les cursus ou les possibilités de recrutement pour les établissements désormais estampillés "universités d'élite". Mais ces derniers ne sont pas les seuls à profiter de l'initiative pour l'excellence. Le principe du concours entre établissements pour recevoir la dotation a provoqué une émulation au bénéfice de tous. Très nombreux à concourir, les établissements en ont profité pour repenser leur cursus et affiner leur stratégie.


Mais surtout, l'initiative pour l'excellence marquerait "la fin du mensonge de l'égalité", explique le "Handelsblatt". Elle "marque une évolution fondamentale des consciences : la promotion de l'"élite", qui fut longtemps si durement méprisée dans les milieux érudits est redevenue une idée directrice de la politique de recherche" allemande. Les différences entre établissements ont toujours existé, mais elles apparaissent désormais au grand jour, sont acceptées et approuvées comme telles. C'est un mouvement de retour par rapport à la phobie de l'élitisme hérité du mouvement de 1968, explique Jürgen Mittelstraß, théoricien des sciences et professeur émérite à l'université de Constance. Les étudiants consultent aujourd'hui les classements établis par les grands magazines d'information ("Der Spiegel", "Die Zeit" ou "Focus") pour choisir leur établissement."Ils sont en avance sur leurs professeurs".


Enfin, les effets psychologiques de l'initiative pour l'excellence ne sont pas négligeables non plus à l'étranger, ajoute le "Handelsblatt". "Ne serait-ce que le fait que l'Allemagne lance un aussi vaste projet de promotion de la science a attiré l'attention", affirme Barbara Wankerl, coordinatrice des relations publiques dans un pôle d'excellence. Les universités allemandes ont intégré la nécessité d'attirer les meilleurs cerveaux pour avoir une place dans la compétition scientifique internationale.



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Samedi 12 avril 2008
Extrait d'une interview donnée par Mario Vargas Llosa à Alexis Lacroix pour le Figaro du 20 juin 2005. Près de trois ans après, et malgré la changement de gouvernement, tout ce qu'il y dit est malheureusement toujours d'actualité en France.

(...)

En toile de fond de la remise en cause de la construction européenne se dégage un paysage idéologique et politique nettement plus polarisé que dans les années 90...

Cette "repolarisation" accélérée, par l'effet de laquelle près de 40% de l'électorat d'un pays comme la France lorgne vers les extrêmes, se nourrit de fixations phobiques et d'anathèmes imaginaires. Contre l'ouverture des frontières. Contre la "concurrence libre et non faussée". Contre les immigrants... Ces obsessions sont autant d'écrans qui dissimulent aux Français le retard qu'ils ont accumulé sur le chemin des réformes indispensables. Si le chômage reste élevé dans un pays comme le vôtre, ce n'est ni par la faute des immigrés, ni en raison des contraintes qu'impose la mondialisation et l'intégration européenne, c'est à cause du poids de représentation archaïques. La
movida libérale n'a pas encore eu lieu en France. L'Etat-providence n'a pas été modernisé. Et le culte de la puissance publique continue, hélas, de s'y donner libre cours. Ainsi, tandis même que la France fermait ses écoutilles à la mondialisation, le Royaume-Uni a connu en accéléré son aggiornamento économique, et il affiche désormais un des taux de chômage les plus faibles de l'Union européenne.

La droite, dans de nombreux pays européens, est-elle vraiment aussi libérale qu'aux Etats-Unis ?

La droite, dans la plupart des pays européens, a en effet jusqu'ici été largement nationale et très timidement libérale. Au nom d'un conservatisme social, elle a aussi maintenu certaines politiques populistes, utopistes et interventionnistes qui sont la raison principale du chômage et du déficit de croissance, notamment dans un pays comme la France. Il suffit de songer à la centralité de la référence étatiste chez les gaullistes... Le résultat conjugué de ce conservatisme, d'un côté, et du raidissement anti-libéral d'une grande partie de la gauche, de l'autre, c'est l'efflorescence du populisme, qui ne constitue pas seulement une menace politique, mais également une régression intellectuelle considérable.Ecoutez ce qui se dit dans les conversations quotidiennes, notamment en France... Prêtez seulement attention à l'idée omniprésente selon laquelle les élites auraient été sanctionnées, le 29 mai, parce qu'elles se seraient montrées "coupées du peuple"...

Que révèle ce discours sur la coupure du "peuple" et des "élites" ?

Au travers de ces idées fixes, c'est toute une phraséologie des années 30 qui refait surface - avec sa combinaison caractéristique de nationalisme et d'antilibéralisme. La crise morale qui affecte l'Europe témoigne d'une étonnante résistance à un phénomène - la globalisation - qui fait déjà partie des réalités du monde entier. De ce point de vue-là, la France nage en pleine schizophrénie : chacun y reconnaît l'importance de pouvoir conquérir de nouveaux marchés, en Chine par exemple ; dans le même temps, l'opinion publique affiche sa défiance à l'égard de l'"ultralibéralisme" qui abaisse les dernières barrières protectionnistes.

Parleriez-vous d'une "réaction antilibérale" ?

Disons que, dans certains milieux intellectuels, l'antilibéralisme prend la place de la défunte utopie communiste. Il n'est plus possible d'être marxiste sans anachronisme. Ce qui est très "tendance", en revanche, c'est de faire des règles libérales le bouc émissaire universel. La guerre en Irak ? Le libéralisme ! La déréliction de l'Afrique ? Le libéralisme encore. La déforestation de l'Amazonie ? Le libéralisme, vous dis-je... Voilà les réponses toutes faites que nous dicte la nouvelle pensée unique en formation - sectaire, erronée, néomarxiste. J'ai rompu, pour ma part, avec ce mode de pensée en lisant Raymond Aron, dans les années 70. Je revis donc ce
revival antilibéral comme une aberration idéologique. Mais en France, une partie de la classe pensante reste prisonnière de sa nostalgie chimérique de la fraternité révolutionnaire. On ne dira jamais assez, en effet, ce que certains pays du tiers-monde doivent à la globalisation - qui les propulse dans un cycle de croissance -, et combien, a contrario, les solutions étatistes et marxistes ont pu ruiner des économies.

(...)

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Jeudi 10 avril 2008
Découvert grâce à une lectrice du blog de Valeurs Actuelles, le blog de Jacques Thomet, ancien journaliste et rédacteur en chef à l'Agence France Presse, notamment en Colombie, Equateur et Vénézuela, propose une lecture de tous les évènements qui se jouent autour d'Ingrid Betancourt à des années-lumière de ce que nous présentent nos médias traditionnels.


Tout le blog mérite d'être lu (prévoir du temps !), mais en voici juste trois extraits :

La France se bouche les yeux pour ne pas voir les 10 millions de Colombiens soulevés contre les FARC

Lettre ouverte à François Fillon, 31 mars 2008

La France veut accueillir des terroristes de FARC, mais refuse les visas à des enfants colombiens


Sans commentaire...


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Mercredi 9 avril 2008
Un article paru hier sur le site UnMondeLibre.org, par un auteur philippin :

Faire payer les pauvres


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Mardi 8 avril 2008
Il n'y a pas un mot à changer à la chronique d'Yves de Kerdrel dans la Figaro de ce jour...

Gandrange : symbole d'une France à l'envers


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Lundi 7 avril 2008

Le 28 août 2005

Monsieur le Premier Ministre,

Mon petit-fils aura 2 ans au moment où expirent les cent jours que vous vous êtes fixés pour changer durablement la vie des Français. A la lumière de cette perspective, je prends la liberté de vous écrire publiquement, afin d'avoir une réponse cohérente à trois de mes préoccupations majeures qui touchent les générations futures dont font partie nos petits-enfants.

1. En effet, ce sont 100.000 euros de dettes qui pèsent déjà sur leurs petites épaules, alors qu'ils ne savent encore ni lire, ni écrire.

2. Vous êtes le premier, parmi près de six millions de fonctionnaires, à représenter plus de 50% des seules dépenses de l'Etat, avec un déficit record du budget de la nation, souvent dénoncé mais jamais résorbé, classant la France parmi les plus mauvais élèves de l'Europe, avec un nombre de fonctionnaires des plus élevés.
Et pourtant, vous représentez à peine 20% de la population active, que certains qualifient de France d'en haut, alors que celle d'en bas, dans laquelle des millions de Français peuvent se reconnaître comme une partie intégrante de cette population laborieuse qui n'a jamais su ce que sont les 35 heures, les 6 à 10 semaines de congés payés, les meilleures retraites, la garantie d'emploi à vie et qui par leurs efforts, leurs sacrifices et leurs silences pensent avoir largement contribué à atténuer cette fracture socale que le Président de la République redoutait tant !

3. Monsieur le Premier Ministre, je ne vous surprendrai pas en vous annonçant d'ores et déjà combien les Français ne sont pas dupes et savent qu'à peine vos cent jours expirés, ils vont assister impuissants aux ballets habituels de grèves avec leurs cortèges de revendications et de frustrations, émanant le plus souvent des catégories sociales les plus nanties, celles-là mêmes supposées être rémunérées pour assumer en priorité ce qui constitue leur premier devoir civique : le bon fonctionnement du service public.

Je pourrais ainsi vous allonger, d'une manière interminable, la liste des faits concrets qui tapissent, perturbent et empoisonnent la vie quotidienne d'un grand nombre de nos concitoyens, qui sont pris en otage plusieurs fois par an à cause de conflits qui opposent sans cesse les syndicats aux pouvoirs publics dans une spirale dangereuse, une guerre sans fin, au détriment d'une majorité silencieuse, impuissante, ne pouvant que subir cette dégradation du climat social, vécue comme une espèce de fatalité, qui dure depuis plus de trente ans, alors que le nombre de fonctionnaires a quadruplé pendant cette même période.

Qu'allez-vous faire de nouveau qui soit susceptible d'inverser cette tendance infernale ? Pourtant, bien avant vous, Claude Allègre, ancien ministre de l'Education, avait tenté de modifier le paysage français en voulant dégraisser le mammouth, en vain !

Si une fois de plus les décisions gouvernementales vont se caler sur les prochaines échéances électorales de 2007 qui, comme à l'accoutumée, se résument à de beaux discours ou à des actions coups de poings destinées à désamorcer des situations sociales explosives, sans jamais songer à extirper les racines profondes du mal, on va, Monsieur de Villepin, vers plus qu'une fracture sociale, vers une libanisation en puissance de la société française.

Comment voulez-vous que des Français, toutes sensibilités politiques confondues, puissent continuer à vous faire confiance quand depuis un quart de siècle, ils assistent blasés à la décomposition des deux plus grandes formations républicaines, de gauche comme de droite, qui représentaient des valeurs sûres. La France, le monde le reconnaît, réussit brillamment dans de nombreux secteurs, de l'aéronautique à l'agroalimentaire, des nouvelles technologies aux industries de pointe, du tourisme à l'espace culturel et artistique, et cependant, elle est malade, et je dirais gravement malade de ses dissensions internes, de ses divisions, et de la perte quasi-totale des valeurs qui ont fondé la Vème République.

Monsieur le Premier Ministre, n'attendez pas qu'elle soit grabataire ou dans le coma pour agir, car nous savons le peu d'efficacité que peuvent avoir les thérapies de choc dans ce genre de situations. Durant ma longue expérience médicale de biologiste, j'ai appris que pour vaincre la maladie, il faut d'abord respecter une règle fondamentale : déterminer son éthiologie ! Le diagnostic du mal, maintes fois rappelé par des experts compétents et impartiaux, s'articule autour de trois remèdes :

1) Il faut moins de fonctionnaires dans certains secteurs, et plus dans d'autres, c'est ce savant dosage qu'il vous faudra trouver et dont dépendra le salut de la France. Un chef d'entreprise qui se respecte doit assurer la postérité, avant de penser à la cohésion sociale ou à la solidarité, car avec des caisses vides, on n'a jamais pu nourrir les plus démunis, ni même leur assurer un minimum de dignité ! Il est temps que la classe politique comprenne que les Français sont adultes, et qu'elle ne peut les leurrer par des discours démagogiques qui entretiennent l'assistanat, sans jamais résoudre le cancer du chômage, afin de ne pas heurter une minorité privilégiée dont vous faites partie !

2) Il faudrait plus qu'une révolution culturelle et morale, un miracle, pour que les Français vous fassent confiance et comprennent enfin combien il est urgent et important que l'Education nationale soit exemplaire dans sa mission éducatrice ; car vous le savez bien, d'elle et de la qualité de son enseignement dépend l'avenir de nos jeunes générations.

Je suis moi-même un émigré, originaire du pays du Levant, bien placé pour vous dire que j'ai bénéficié dans mon pays d'origine de la qualité des enseignants français, qu'ils soient laïcs ou religieux. Ils nous ont tellement bien éduqués qu'on a fini par aimer leur culture !

Il y a exactement vingt ans, j'étais invité par Jacques Toubon, ancien ministre, qui appartient à la même sensibilité que la vôtre, pour participer à un débat avec une dizaine de chefs d'entreprises venus des quatre coins de France.

Le thème : "Que proposez-vous pour changer la France ?" Nous étions sous l'ère de François Mitterrand.

Au bout de deux heures de débats et d'échanges, une synthèse semblait faire l'unanimité, elle se résumait en deux mots : "Moins d'impôts".

Dieu seul et le Trésor public savaient qu'à Espalion j'étais un bon contribuable, mais ma voix à l'époque ne pesait pas lourd, dans un concert qui refusait tout débat sur l'éducation de la génération 2000, privilégiant la voie fiscale comme source de salut !

Ma voix, la seule du groupe, résonnait ce jour comme "une voix dans le désert". On dit, Monsieur le Premier Ministre, que "nul n'est prophète en son pays", peut-être le serai-je dans le vôtre pour la deuxième fois consécutive ? En effet, nous sommes vingt ans plus tard, et cette fois-ci le temps presse, un peuple éclairé pardonne assez facilement les erreurs des hommes politiques, mais il a du mal à assimiler les corruptions, les promesses jamais tenues, les scandales financers, en un mot les trahisons.

3) "L"Ethique", ce mot qu'on ose enfin prononcer dans les coulisses de Matignon, ou à la Chambre des Députés, dès lors qu'il s'agit des manipulations génétiques !

Ce mot, à lui seul, peut constituer le troisième remède dont a besoin la France.

C'est en son nom, sous un gouvernement de droite, qui Simone Veil, ministre de la Santé, légalise l'IVG, et paradoxalement, c'est un ministre de gauche, Robert Badinter, qui sous François Mitterrand va abolir la peine de mort, y compris pour les crimes les plus odieux, réhabilitant du coup le sens de la vie, au nom d'un même principe, "l'Ethique".

Aujourd'hui, nous ne sommes pas loin de légaliser l'euthanasie, et demain peut-être l'homicide volontaire, croyant agir au nom de "l'Ethique", avec l'espoir de diminuer le nombre des suicides, particulièrement chez les jeunes.

Les médias vous ont désigné comme le Chevalier Blanc de ce gouvernement, un titre qui vous va à merveille.

On dit que la France est le plus beau pays du monde, je veux bien le croire, il a seulement besoin aujourd'hui d'hommes courageux et volontaires qui travaillent à la réconciliation du public et du privé, ce qui ne peut que profiter aux générations futures.

Enfin, le mot Démocratie aurait un sens plus attractif, si les hommes modérés de gauche comme de droite unissaient leurs efforts en vue d'un même combat : celui de la France.

Je vous remercie, Monsieur le Premier Ministre, de l'attention que vous accorderez à cette lettre, je l'assume avec la conviction de servir mon pays, ma famille, la liberté, si chère au coeur de tous les Français.

Je vous assure de ma gratitude, de mon encouragement et de ma respectueuse considération.


Jean-Claude Antakli
"Itinéraire d'un Chrétien d'Orient"
Editions François-Xavier de Guibert


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